Quand les politiques n’inspirent plus confiance, qui prend le relais ? Les humoristes, apparemment.
L’humour, nouvel opium du peuple. L’article de Laélia Véron explore ce glissement troublant où le rire comble le vide laissé par une parole politique épuisée, stéréotypée, vidée de sens.
Comme le dit Noam Shuster-Eliassi : « En vingt ans d’activisme pour la paix, j’ai influencé vingt personnes. Avec une plaisanterie sur un dictateur, vingt millions. »
Sauf que cette montée en puissance de l’humour politique crée des frictions sérieuses (procès, plaintes, polémiques à l’Assemblée) comme en témoignent les affaires Guillaume Meurice, Pierre-Emmanuel Barré, Djamil le Shlag, Sophia Aram, Merwane Benlazar.
Entre « infotainment » débridé, réseaux sociaux qui recyclent les vannes en info, et hashtag #pasgorafi pour les réalités plus burlesques que la fiction, les frontières s’évaporent. Et les humoristes naviguent en eaux troubles : revendiquer l’impact politique tout en refusant l’étiquette militante.
Le vrai danger ? Que l’adhésion à l’humour politique en vienne à effacer l’engagement. Rire ou débattre, il faut choisir ?
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