Pas plus de 50 morts : la proposition de loi d’Anthropic pour encadrer l’IA  - Anthropic ChatGPT Cyberattaque Cybersécurité États-Unis IA Intelligence artificielle OpenAI Sécurité Sécurité informatique Technologie
| 20/10/2026 00:08

Pas plus de 50 morts : la proposition de loi d’Anthropic pour encadrer l’IA

Image d’illustration © geralt | Pixabay | CC0 or Pixabay

L’IA va-t-elle tous nous tuer ? Pas du tout, enfin… pas tous ! Car Anthropic œuvre dans l’ombre pour nous protéger : un modèle d’IA pourrait être interdit s’il existe un risque « imminent » qu’il tue ou blesse gravement plus de 50 personnes. Ouf ! Par contre, à 49, ça passe.

Depuis des mois, les dirigeants de grands laboratoires d’IA comme OpenAI et Anthropic dépensent des millions en lobbying, dans le but évident de s’attirer les faveurs des candidats aux élections de mi-mandat. Environ 56 millions de dollars ont déjà été dépensés à ce jour. Et avec les révélations de Politico du 16 octobre 2026 ↗, on comprend mieux pourquoi.

Selon le média, Anthropic, créateur de Claude, a présenté en privé à des élus un projet de loi sur la sécurité de l’IA. Le texte autorise le gouvernement à bloquer la diffusion ou l’utilisation d’un modèle seulement s’il existe un risque « imminent » qu’il tue ou blesse gravement plus de 50 personnes, ou cause plus d’un milliard de dollars de dégâts. Mais… il faudrait aussi que le danger relève de l’une de ces trois catégories : arme biologique, cyberattaque ou IA échappant au contrôle de son laboratoire. Et ce texte préempterait les lois des États.

Donc, si le risque n’est pas jugé imminent, ou s’il concerne des activités nucléaires, des systèmes militaires ou des industries dangereuses : « aucun souci », selon la réglementation écrite par l’entreprise qu’elle doit encadrer.

La première décision reviendrait à un organisme de surveillance placé sous l’égide du ministère du Commerce. Si cet organisme estimait qu’un futur modèle d’IA remplissait ces critères, le texte lui accorderait 72 heures pour en informer les responsables du ministère. Ceux-ci décideraient alors de présenter les éléments à un juge fédéral. Ou pas. Comme ils veulent. Quant à l’expertise et à l’indépendance de l’organisme, rien n’est précisé… Il pourrait même être rémunéré par l’entreprise. Voire constitué d’agents IA ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Anthropic a reconnu défendre ce texte « auprès des législateurs fédéraux et des États depuis juin ». « Ce sont des mesures raisonnables que, selon nous, le Congrès devrait adopter ».

Au passage, on apprend que 50 vies humaines (sacrifiables pour chaque version de modèle d’IA évaluée) équivaudraient à un milliard de dollars, soit 20 millions par tête de pipe, donc rien. Intéressant… de quoi rassurer ce groupe de 406 chercheurs issus de 34 pays, qui a publié une lettre ouverte réclamant la déconnexion immédiate des modèles d’IA les plus puissants des réseaux externes ↗ ? Pas sûr…

Sources : politico.com, tomshardware.com.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
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Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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