À Djègbadji, près d’Ouidah au Bénin, les femmes fabriquent le xwladjè, un sel local transmis de mère en fille.
Elles raclent les sols salés, filtrent le sable avec l’eau de lagune, vérifient la saumure grâce à des noix de palme, puis la font bouillir au feu de bois. Le procédé est entièrement manuel : 25 litres d’eau filtrée donnent environ 3 kilos de sel, après plusieurs jours de travail.
Malgré la pénibilité et les aléas climatiques, l’activité est vitale pour ces femmes car elle leur permet de couvrir l’essentiel : nourriture, soins, scolarité. « Grâce au sel, nous arrivons à joindre les deux bouts », déclare Martine Agogo. Sa mère avait même financé ses études grâce au sel.
Mais les revenus sont fragiles : les pluies stoppent la production, le bois coûte cher, les marchés sont saturés et le sel importé concurrence le produit local. La filière produit environ 4 000 tonnes par an, contre près de 58 500 tonnes de sel importées en 2024.