Le World Inequality Lab (WIL) publie un mastodonte scientifique (970 pages, 45 chercheurs, 2 ans de boulot) avec une ambition simple sur le papier : rendre tout le monde plus riche en 2100 sans cramer la planète.
L’économie en surchauffe
L’objectif que s’est fixé le WIL est de trouver les solutions pour atteindre partout dans le monde les 60 000 € de PIB par habitant tout en limitant le réchauffement à 1,8°C. Dit comme ça, on pourrait croire à une résolution bidon de fin de réveillon arrosé. Mais c’est très sérieux.
Le scénario central, baptisé « Convergence soutenable », repose sur quatre leviers : travailler deux fois moins (25h/semaine), réduire les secteurs polluants, replanter massivement des forêts (en mangeant moins de viande notamment) et décarboner l’énergie. Au final, un mélange de sobriété (44% des baisses d’émissions) et de technologie (56%). Produire plus… mais propre.
Sauf que voilà : pour certains, dont Bon Pote, les simulations montrent que la décroissance des pays riches (moins produire, moins consommer) réduit bien davantage les émissions : jusqu’à –72% selon les cas. Et… oh surprise ! Elle n’appauvrit pas forcément. Grâce au « PIB augmenté » (qui intègre le temps libre et les effets du climat), travailler moins et vivre dans un monde stable vaut plus que produire toujours plus dans un monde à +4°C.
Moins de boulot, moins de CO₂, mais plus de bien-être. Même la fameuse semaine de 25h apparaît presque conservatrice : si on avait converti les gains de productivité en loisirs depuis 1960, on travaillerait déjà 10 h par semaine.
Le rapport du WIL prouve malgré lui une idée qui dérange : pour éviter la catastrophe climatique, les pays riches devront probablement décroître. Cinquante ans après le rapport Meadows, la boucle est bouclée : la croissance infinie dans un monde fini reste une fiction… bien tenace.
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