« Nous entrons dans une économie de guerre » avait annoncé Emmanuel Macron en 2022. Quatre ans plus tard, la seule usine française de production de fûts d’obus est en passe de tirer sa révérence, définitivement.
Tarbes, à bout de forge.
Le redressement judiciaire des Forges de Tarbes, déposé le 22 octobre 2026, menace la seule production française de fûts d’obus de 155 mm destinés aux canons Caesar. Dans cette usine des Hautes-Pyrénées, 60 salariés entretiennent un savoir-faire essentiel aux armées françaises et au soutien à l’Ukraine. La montée en puissance promise par le propriétaire Europlasma n’a pas atteint l’objectif annoncé, et les commandes de l’État sont inférieures à ce qui permettrait à l’usine de tenir.
La France favorise désormais l’importation, mais les industriels étrangers sont saturés et les délais annoncés sont de 18 à 24 mois. Construire une nouvelle forge prendrait trois à cinq ans et coûterait plus de 100 millions d’euros. La nationalisation est demandée par la gauche, a priori écartée par le gouvernement. La crise est autant économique (emplois et activité locale) que stratégique : un composant militaire critique dépend d’une seule usine, que tout le monde abandonne, et sans solution rapide et efficace de remplacement.
Drôle d’économie de guerre…