Les pieuvres ont un système nerveux étonnamment développé. Une étude suggère qu’une partie de l’explication pourrait tenir à la manière dont leur ADN se replie pour rapprocher des régions éloignées.
L’importance de la structure 3D de l’ADN n’est plus à prouver. Cette étude ↗ apporte un nouveau résultat fonctionnel remarquable en comparant trois céphalopodes.
Les pieuvres, les seiches et les calmars sont des mollusques dont le système nerveux est très développé. Pour comprendre cette particularité, des chercheurs ont étudié leurs gènes, et la façon dont leur ADN s’y replie : ces boucles rapprochant des régions éloignées peuvent créer de nouvelles interactions.
L’équipe a observé une architecture générale assez ressemblante chez les trois céphalopodes. Mais des centaines de boucles diffèrent selon l’espèce, la localisation ou le stade de développement.
La suppression expérimentale d’une séquence régulatrice à l’intérieur d’une boucle a aussi perturbé des processus liés au développement nerveux, y compris dans des gènes éloignés.
Ce dernier point confirme une précédente étude de 2023 ↗ réalisée chez la drosophile, dans laquelle les chercheurs avaient réussi à supprimer un point d’ancrage d’une boucle sans toucher aux gènes voisins de la séquence. L’expression de ces gènes voisins n’avait pas significativement changé, mais celle d’un gène situé à grande distance avait nettement diminué.
D’où cette conclusion : l’existence des boucles dans l’ADN modifie l’expression des gènes, parfois à très grande distance, sans qu’on sache pourquoi. La suite à suivre.