La procureure de Paris refuse de confirmer que les auteurs des violences du 17 octobre sont de « l’ultragauche ». Quelques heures plus tard, le gouvernement répète l’inverse et désigne LFI. Entre les deux versions, des policiers et des services de renseignement contestent ouvertement le récit officiel.
Bismillah, c’est vraiment les ténèbres !
Le week-end du 17 octobre a été marqué par des manifestations, et des violences. Le gouvernement (Lecornu, Nuñez, Darmanin) désigne l’« ultragauche » et LFI comme responsables, allant jusqu’à parler d’un « agenda de violence » planifié jusqu’à la présidentielle.
La procureure de Paris, Laure Beccuau, refuse pourtant de confirmer toute politisation : les personnes en garde à vue sont « en grande majorité des gens peu connus », silencieux, sans revendications politiques. Un commissaire du renseignement territorial écrit à ses collègues qu’on lui demande « texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux ». Le ministère de l’Intérieur dément.
Un syndicaliste policier, d’habitude peu tendre avec Mélenchon, situe l’ultragauche à environ 20%, le reste serait constitué de pilleurs sans étiquette. « Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco, déplore-t-il. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité. Pourtant, je ne porte pas LFI dans mon cœur compte tenu des attaques incessantes contre les policiers. »
Les notes de renseignement s’appuient sur des sources ouvertes et des déclarations de soutien (Mélenchon, Roussel, Tondelier), sans aucun lien formel établi. Préfets et élus locaux (Paris, Marseille) jugent LFI trop peu organisée pour orchestrer quoi que ce soit et pointent surtout le sous-dimensionnement et la mauvaise gestion des effectifs de police.
Le scénario rappelle 2019 : Macron évoquait 40 à 50 000 ultras dans les Gilets jaunes, alors que ses services les jugeaient quasi inexistants.
Diversion et répression : les derniers leviers de Macron.