Le rapport sénatorial sur les « zones grises de l’information » formule 56 propositions pour lutter contre la désinformation, encadrer les plateformes et protéger les élections des manipulations numériques.
Zones grises, idées noires.
Le diagnostic n’est pas totalement faux : dépendance aux géants américains, essor de l’IA, ingérences étrangères et fragilité économique des médias posent de vraies questions. Mais, selon Blast, le texte entretient une hiérarchie contestable entre médias traditionnels, créateurs numériques et presse indépendante.
Il défend une neutralité présentée comme gage de sérieux, tout en tolérant les éditorialistes d’extrême droite et les climatosceptiques sur des chaînes de milliardaires.
Certaines mesures (identification facilitée des auteurs, possibilité d’invisibiliser des comptes, organisme de surveillance) pourraient aussi menacer les journalistes sous pseudonyme et venir enrichir l’armurerie d’un futur éventuel pouvoir autoritaire.
Ironie finale : l’extrême droite, pourtant très attachée aux autocrates, s’est auto-proclamée championne de la liberté d’expression. Et les sénateurs, invités à débattre par Blast, ont préféré le silence.