La Corée du Sud a quasiment fait disparaître les déchets alimentaires de ses décharges : leur taux de recyclage est passé de 2,6% en 1996 à près de 97% en 2023. Tranquille.
À Séoul, les habitants déposent leurs restes alimentaires dans des bornes qui les pèsent et leur facturent le service selon la quantité jetée. Capitalisme oblige. Il faut savoir que s’ils jettent leurs déchets au tout-venant, la poubelle peut être rejetée ou sanctionnée.
Depuis les années 1990, le pays a développé la collecte séparée. Les bio-déchets alimentent des installations qui produisent de l’énergie : le centre de Daejeon (grande métropole coréenne) transforme en énergie de 70 à 75% des déchets reçus, et fournit de l’électricité à 6 000 foyers.
Le dispositif coûte cher, mais évite l’enfouissement, qui génère du méthane, puissant gaz à effet de serre, et des liquides contaminant les sols et les eaux.
New York s’inspire de l’initiative. Depuis octobre 2024, le tri des restes y est obligatoire pour 3,4 millions de foyers. La ville a multiplié les bornes, les campagnes d’information… et les avis d’infraction : 63 000. Résultat : en 2025, elle a traité environ 140 000 tonnes de déchets organiques résidentiels, soit 9% du total produit par les ménages. Le chemin vers les 97% sud-coréens reste donc long… le syndicat des rongeurs citadins s’en félicite.