En refusant la toute nouvelle catégorie « Asian Pop » des Grammy Awards, BTS balance un « NON » magistral au paternalisme occidental déguisé en inclusivité.
Un uppercut culturel.
« Nous avons décidé de ne pas participer aux Grammy Awards ». Le groupe de K-pop BTS a annoncé, mercredi 29 juillet, avoir renoncé à postuler aux Grammy Awards pour protester contre l’introduction d’une nouvelle catégorie « pop asiatique ».
Pendant des décennies, les étiquettes « World Music » ou similaires ont rangé le reste du monde dans un tiroir exotique pour mieux protéger le centre de la scène. David Byrne des Talking Heads le dénonçait déjà en 1999. Aujourd’hui, BTS pose la question qui fâche : à partir de quand une case « diversité » devient-elle un ghetto chic ?
« Nous espérons que notre musique sera entendue et aimée pour elle-même, plutôt que divisée par région ou par langue », clament-ils. Personne n’oserait inventer un Grammy « Best European Pop ». Si les plateformes de streaming ont déjà mondialisé la pop, les Grammy, eux, restent coincés dans un monde où l’Occident se croit encore le centre unique. BTS ne veut pas une table à part : le groupe revendique sa place à la table principale.