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| 30/04/2026

Le rhume devient une piste contre le cancer

Image d’illustration © NIAID | Wikimedia Commons | CC BY 2.0

Nez bouché, gorge qui picote, mouchoirs au kilo, le rhume semblait n’avoir qu’une vocation dans la vie : ruiner nos nuits (c’est pas bien) et contaminer les collègues (c’est bien ?). Voilà qu’aujourd’hui, la science lui découvre un intérêt inattendu (très bien sans aucun doute).

La crève qui soigne

Des travaux récents relayés par New Scientist mettent en lumière un phénomène étonnant : le virus respiratoire syncytial (VRS), provoquant le rhume et parfois des bronchiolites, rendrait les poumons moins propices à l’implantation de cellules cancéreuses. Ces résultats montrent qu’une forte activation de l’immunité locale peut modifier l’environnement pulmonaire au point de freiner l’installation de cellules tumorales et la formation de métastases. Si vous êtes un·e habitué·e de LMOUS, cela ne vous étonnera guère.

Des molécules sonnent le tocsin

L’étude a été menée sur des (pauvres) souris. En suivant la dissémination de cellules cancéreuses provenant d’une tumeur mammaire, les chercheurs ont constaté que, chez les animaux infectés par le VRS, ces cellules ne parvenaient pas à s’implanter dans les poumons. Ce phénomène serait lié à la réponse immunitaire d’urgence déclenchée très tôt après l’infection, notamment à l’action des interférons de type I et de la galectine-9. Produites dès les premières heures de l’agression virale, ces molécules jouent un rôle de signal d’alarme. Elles mobilisent les défenses immunitaires, placent les tissus en état de vigilance et transforment temporairement l’environnement pulmonaire. Ce qui rend le terrain beaucoup moins favorable à l’implantation des cellules cancéreuses. Autrement dit, le corps ne se contente pas de lutter contre le virus : il rend aussi, au moins momentanément, les poumons plus hostiles à d’autres squatteurs. Sans plus de détail.

Une piste prometteuse, pas un traitement

Les chercheurs restent prudents. Ces résultats ont été obtenus chez l’animal et doivent encore être confirmés, approfondis, puis éventuellement transposés à l’humain. «  Tout est beaucoup plus difficile, et les chances de réussite du traitement diminuent considérablement » lorsque les métastases s’installent, déclare David Withers de l’université d’Oxford. D’où l’intérêt de cette découverte.

L’objectif, maintenant : identifier précisément les mécanismes à l’œuvre, vérifier s’ils existent aussi chez l’humain, puis tenter de reproduire cet effet protecteur sans provoquer la maladie elle-même. Atchoum. Amen.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0. Détails ici.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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