Onde de Kelvin : la Californie se prépare à une hausse imminente de l'océan de 30 cm pour plusieurs mois  - Californie Climat El Niño Environnement États-Unis Hiver Inondations
| 03/10/2026 15:01

Onde de Kelvin : la Californie se prépare à une hausse imminente de l'océan de 30 cm pour plusieurs mois

Image d’illustration © Hans | Pixabay | CC0 or Pixabay

La côte ouest des États-Unis se prépare en urgence à une montée des eaux liée à une « onde de Kelvin », vaste masse d’eau chaude qui se déplace sous la surface du Pacifique. Impact prévu dans quelques jours, à partir du 6 octobre.

L’océan monte d’un ton

Partout en Californie, les collectivités s’activent en urgence face à l’arrivée imminente de ce que l’on appelle la « vague Kelvin », une immense masse d’eau chaude sous-marine qui menace de submerger de vastes portions du littoral nord-américain.

Il ne s’agit pas formellement d’une vague, mais du déplacement d’une énorme quantité d’eau chaude en profondeur. Celle-ci fait monter le niveau de la mer et crée des conditions favorables aux inondations. Elle pourrait entraîner une hausse d’environ 30 cm par rapport aux niveaux actuels (déjà surélevés par le réchauffement climatique). Les conséquences directes de cette hausse sont limitées, mais le risque sera maximal si elle coïncide avec des températures élevées, des grandes marées et des tempêtes.

El Niño prend la côté ouest à contre-pied

Cette onde de Kelvin s’est formée à la suite de changements de direction des vents au-dessus du Pacifique tropical. En temps normal, les alizés soufflent d’est en ouest et poussent les eaux chaudes vers l’Asie. Lorsque ces vents s’affaiblissent ou s’inversent, sous l’effet d’El Niño ce coup-ci, une partie de l’eau chaude accumulée dans l’ouest du Pacifique se déplace vers l’est, créant une onde de Kelvin : une perturbation qui transporte de la chaleur sous la surface et fait monter le niveau de la mer.

Les marées les plus hautes sont attendues en novembre et en décembre, et les mois de janvier à mars pourraient être particulièrement agités. L’hiver 1997-1998 rappelle ce que peuvent provoquer ces phénomènes combinés : une érosion côtière massive, des glissements de terrain, des routes ensevelies, des digues rompues et des milliers de bâtiments ravagés. 21 des 58 comtés de Californie avaient alors été déclarés zones sinistrées.

Alerte aux flots

« À ce stade, les inondations côtières sont pratiquement certaines », a déclaré le climatologue Daniel Swain. Il a ajouté qu’un hiver plus pluvieux que la moyenne augmenterait aussi le risque d’inondations à l’intérieur des terres. « À certains endroits, ces deux phénomènes peuvent se combiner : les eaux douces qui s’écoulent vers la mer et les eaux salées qui remontent se mélangent. Les dégâts peuvent être dévastateurs », a-t-il expliqué, en avertissant : « Une foule de gens et d’infrastructures se trouvent à moins de 1,8 mètre au-dessus du niveau de la mer ».

Dans toute la région, des sacs de sable sont distribués. Les services d’urgence et les administrations locales s’emploient à protéger les infrastructures et à informer les entreprises et les habitants des dangers à venir. Des travaux ont également été menés pour déboucher les évacuations d’eau et les drainages, évaluer les infrastructures et mettre rapidement en place des mesures provisoires d’atténuation, notamment en sécurisant les barrières anti-inondation. Les habitants sont encouragés à s’inscrire aux alertes d’urgence.

Des stratégies similaires sont mises en œuvre dans les villes situées tout le long de la côte. Les équipes se préparent à une hausse des risques quasi certaine, tout en sachant qu’il demeure beaucoup d’incertitudes sur ce qui va se produire. « Nous utilisons toutes les données à notre disposition, mais nous ne disposons pas d’une mesure parfaite », a déclaré Nick Brubaker, responsable de la gestion des urgences. Il se concentre sur la sensibilisation et la communication, « afin que les gens sachent qu’il pourrait s’agir de l’une des années El Niño les plus marquantes que nous ayons connues ».

Sources : theguardian.com, cpc.ncep.noaa.gov, insideclimatenews.org, latimes.com.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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