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Des patients plongés dans un état végétatif (proche du coma) peuvent répondre mentalement aux questions qui leur sont posées. C'est le résultat d'une étude publiée mercredi dans le New England Journal of Medicine.

Napakatbra

[Mise à jour 28/06/2012 : lire cet article de Nature, qui retrace la recherche d'Adrian Owen. Pour lui, 20% des patients en état végétatif pourraient être conscients].

En 2003, un Belge de 23 ans est victime d'un grave accident de la route. Depuis ce jour, il est allongé sur son lit d'hôpital dans un état végétatif, immobile et incapable de communiquer avec personne. Des chercheurs des universités de Liège (Belgique) et de Cambridge (Grande Bretagne) ont néanmoins réussi à le faire parler [1, 2].

Les scientifiques ont interrogé le patient, en lui demandant de s'imaginer en train de jouer au tennis si la réponse à leurs questions était affirmative, et de marcher dans sa maison si la réponse était négative. A l'aide d'un scanner, ils ont simultanément mesuré son activité cérébrale. Surprise. A chaque question, les images renvoyées par l'appareil montraient une activité dans deux zones distinctes de son cerveau (ex : au fond à gauche pour "oui", devant à droite pour "non"), les mêmes qui sont activées par une personne en bonne santé soumise aux mêmes interrogations. Six questions lui ont été posées, le patient a répondu correctement aux cinq premières, mais n'a pas répondu à la dernière.

Communication par la pensée

5 patients sur 54 ont réagi

L'expérience a été reproduite sur 53 autres patients. Quatre d'entre eux ont montré des signes de conscience. Les réponses données étaient toujours exactes. "Nous avons été abasourdis quand nous avons vu les premiers résultats du patient et compris qu'il était capable de répondre à nos questions par la pensée" a déclaré Adrian Owen, professeur de neurologie à l'université de Cambridge.

De cette façon, des patients dans le coma pourraient être interrogés sur leur douleur, ce qui permettrait de préciser le diagnostic et d'adapter les traitements analgésiques. Ils pourraient aussi communiquer avec leurs proches, et éventuellement émettre le souhait d'être débranchés, cela posant tout de même un grave problème éthique. Reste maintenant à "développer une technologie qui pourrait être généralisée [car] il serait moralement douteux d'avoir entrouvert cette possibilité de communication et de refermer la porte" derechef, a affirmé Adrian Owen.

Il y a deux mois, déjà, Rom Houben, un Belge victime lui aussi d'un accident de voiture, avait été considéré dans le coma pendant 23 ans... avant que l'équipe médicale ne s'aperçoive qu'il était conscient de son environnement. Cet homme communique à présent via un ordinateur. Il envisage d'écrire un livre.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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sujet poignant

les implications de cette découverte sont immenses, sur l'euthanasie, où commence et finit l'être, la conscience, le rapport aux autres.

On peut même se demander si cette conscience quasi désincarnée n'est pas une sorte de dieu. En tout les cas, quelle identité juridique, éthique ?

C'est fou.
Cela me fait penser à l'association "Mourir dans la Dignité", à laquelle je vais bientôt m'adresser, à cause d'un emphysème et BPCO qui commencent à me faire perdre l'usage de mes muscles, faute d'oxygène.