Sur les plages de San Vicente, à Palawan aux Philippines, les tortues olivâtres viennent pondre, mais leurs nids sont soumis à rude épreuve : chiens errants, touristes, crues et tempêtes détruisent les œufs et menacent les femelles.
Des patrouilles qui ne tortillent pas.
Pour limiter les pertes, l’ONG LAMAVE travaille de concert avec les habitants de Santo Niño. Chaque nuit, des patrouilleurs parcourent plus de huit kilomètres de plage, répartis en cinq équipes. Ils éloignent les chiens, identifient les tortues grâce à des mesures et des photographies, puis déplacent les œufs dans des écloseries protégées. Même lorsqu’une femelle meurt après une attaque, ses œufs peuvent encore être sauvés : « En fin de compte, même si elle est morte, au moins ses bébés survivent », explique la chercheuse Klara Simon.
Les œufs sont replantés dans le sable et surveillés régulièrement. Environ 75% éclosent, un résultat proche des 80% observés sur des plages naturelles épargnées par les prédateurs.
Cette opération transforme aussi les habitants : Jerald Mahusay, qui jouait autrefois avec les œufs, est devenu assistant de recherche et chef de patrouille. LAMAVE tente également de limiter la divagation des chiens en aidant les propriétaires à construire des enclos.
Mais les écloseries ne sont qu’un pansement écologique. Avec l’essor du tourisme et des projets couvrant plusieurs centaines d’hectares, la pression humaine augmente. Kalei Suza résume : « Nous souhaitons que les tortues nichent à leur endroit habituel et naturel, là où elles le souhaitent, car c’est la maman qui sait le mieux ». La vraie victoire sera de rendre la plage (ou des zones de plages) à celles qui y vivent depuis des milliers de générations.