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| 07/05/2026

Chine – États-Unis : l’heure de l’affrontement

Image d’illustration © Karola G | Pexels | Pexels

La Chine vient de franchir un cap. Pour la première fois, Pékin ordonne explicitement à ses entreprises d’ignorer les sanctions états-uniennes visant ses raffineries liées au pétrole iranien. Chaud devant…

Pékin sanctionne les sanctions

En clair : Washington dit aux groupes chinois « n’achetez pas ce pétrole ». Pékin réplique : « si vous obéissez, vous en paierez le prix chez nous ». Jusqu’ici, le jeu était plus subtil : on râle publiquement, mais on se conforme prudemment en coulisses pour ne pas se couper du système financier US. Cette époque semble révolue.

Et le timing n’a rien d’anodin. L’annonce, faite le samedi 2 mai, intervient à la veille d’une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Un signal politique assumé : la Chine durcit sa posture, sur le fond comme sur la forme. Pékin parle d’une réponse « mesurée mais ferme » et dénonce la portée extraterritoriale des sanctions US – la volonté de Washington d’imposer ses règles bien au-delà de ses frontières. Le risque est évident : un enchaînement de sanctions et de contre-sanctions, avec, en ligne de mire, le système bancaire international. Le château de carte tremble…

La Chine n’en a rien à raffiner

Derrière cette décision, la Chine sécurise ses approvisionnements énergétiques vitaux. Elle reste le premier acheteur de pétrole iranien, souvent via des circuits discrets, hors radars officiels. Selon CNBC, au moins 11 millions de barils ont été importés depuis le début du conflit au Moyen-Orient, en transitant par le détroit d’Ormuz, fermé aux autres pétroliers. Une partie de ces échanges se fait en yuans, histoire de contourner le dollar et d’échapper à la surveillance états-unienne.

Mais ce mouvement dépasse la seule question énergétique. Pékin muscle progressivement son arsenal : blocage récent du rachat d’une start-up d’IA par Meta pour 2 milliards de dollars, contrôle des terres rares, dispositifs anti-sanctions… La riposte s’organise, calmement, méthodiquement.

Le pari est risqué

Si Washington décide de cibler directement les banques chinoises, la confrontation pourrait changer de dimension. Dans un contexte déjà inflammable au Moyen-Orient, où les flux pétroliers restent sous tension et le détroit d’Ormuz sous pression, l’escalade pourrait produire des effets en chaîne – difficiles à contenir, et potentiellement dévastateurs. Pour de vrai !

Sources : france24.com, nytimes.com, cnbc.com, lorientlejour.com.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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