Comparer les pays semble évident. Pourtant, derrière les chiffres, les méthodes divergent. Et les conclusions sont trompeuses.
Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, rappelle que derrière les classements internationaux se cachent des méthodes hétérogènes, parfois incompatibles.
Statistiques à géométrie variable
Revenus mesurés via impôts ici, enquêtes là-bas : forcément, les écarts racontent aussi des biais. Exemple : selon Eurostat, la Belgique n’aurait « aucune inégalité salariale femmes-hommes » à temps plein, quand l’Allemagne ferait quatre fois pire que la Roumanie… de quoi tiquer.
Data drama
Les séries évoluent aussi avec des changements méthodo invisibles, souvent planqués en notes de bas de page. Autre piège : des moyennes européennes calculées sans pondérer la population – le Luxembourg (700 000 habitants) pèse autant que l’Allemagne (83 millions)… Est-ce vraiment bien sérieux ?
Même chose pour Pisa, qui ne mesure qu’une partie des compétences, ou la pauvreté des jeunes nordiques, gonflée artificiellement par leur départ précoce du foyer. Moralité : comparer, oui. Mais avec méthode, recul et un filtre critique.
Notre newsletter : gratuite, même par mauvais temps. On envoie quand on y pense…