À Morogues, dans le Cher, la Coopération intégrale du Haut-Berry expérimente depuis une quinzaine d’années une vie collective moins dépendante de l’argent, de la propriété privée et du salariat.
Le « pouvoir de non-achat »
Maraîchage, pain, bois, garde d’enfants et soins sont organisés par des groupes qui garantissent des services essentiels aux membres. La contribution n’est pas une condition d’accès : on vise le « chacun selon ses besoins ».
Le collectif a remplacé les trois heures de travail obligatoires par une provision commune, avec des savoir-faire mutualisés pour que personne ne soit indispensable. Il ne prétend pas abolir l’argent d’un coup : certains produits restent vendus à prix coûtant. Son « pouvoir de non-achat » consiste à réduire les achats en s’approvisionnant ensemble.
Des associations détiennent des maisons et des terrains selon une logique de propriété d’usage, pas pour en tirer une rente ou plus-value à la revente.
Voir leur site ↗, sur lequel on peut lire : « Le Capitalisme nous fait désirer un pouvoir d’achat individuel. Nous construisons un pouvoir de non-achat collectif. »