Au cœur de l’atoll d’Enewetak, aux îles Marshall, dans l’océan Pacifique, le dôme de Runit surnommé « The Tomb » enferme depuis 1977 plus de 100 000 tonnes de sols et de débris radioactifs issus de 43 essais nucléaires états-uniens.
Simplement posé sur les déchets, sans fond étanche et sur du corail poreux, ce tombeau de béton de 115 m de diamètre laisse déjà l’eau de mer circuler sous sa structure, emportant avec elle la pollution radioactive.
Des fissures apparaissent, et l’île ne s’élève qu’à 2m au-dessus de l’océan. Le changement climatique (intensification des tempêtes + montée des eaux) menace d’anéantir cette construction et de répandre plutonium et autres radionucléides dans le lagon… à 30 km des premiers habitants, jadis expulsés de leurs terres.
Comme le rappelle l’ingénieur Arjun Makhijani, « aucune structure en béton ne peut tenir même une fraction de la durée de dangerosité du plutonium 239 ».