Dans un rapport intitulé « Adolescence emprisonnée, le désastre de la réponse carcérale », l’Observatoire international des prisons dénonce la violence institutionnelle subie par des adolescents déjà fragilisés par la précarité familiale, sociale, scolaire ou financière.
Le parcours de Yannick Deslandes, passé de foyer en foyer avant d’entamer un « tour de France des prisons », illustre une mécanique où « protection » rime avec « délinquance ».
Contrairement aux promesses, les établissements pour mineurs, censés rompre avec le modèle carcéral de base, ont finalement rapidement été équipés de grillages, de portes sécurisées et et panneaux occultants. Près de 3 000 adolescents sont incarcérés chaque année, avec un rajeunissement des détenus : la proportion des 13-15 ans est passée de 8,6% en 2023 à 12,1 % en 2026.
Un incubateur de la récidive.
La surpopulation « est même devenue la norme » dans certains territoires ultramarins. À Nanterre, des jeunes passent jusqu’à vingt jours par mois en cellule. Plus de la moitié ne reçoit aucune visite. Éducation réduite, liens familiaux coupés, interventions musclées et logique sécuritaire… Avec 63 à 69% de récidive entre 2016 et 2021, l’OIP réclame la fin de l’enfermement systématique des mineurs.