États-Unis : la fin du TPS haïtien plonge travailleurs et employeurs dans l’incertitude  - États-Unis Haïti Immigration Migrations Travail
| 19/08/2026

États-Unis : la fin du TPS haïtien plonge travailleurs et employeurs dans l’incertitude

Image d’illustration © GabrielDouglas | Pixabay | CC0 or Pixabay

Aux États-Unis, la fin annoncée du statut de protection temporaire (TPS) pour environ 350 000 Haïtiens plonge travailleurs, familles et employeurs dans une confusion kafkaïenne.

Arrivés légalement après avoir fui les violences, beaucoup travaillent depuis des années dans la restauration, le bâtiment ou l’aide à domicile. À Key West, Bobby Kuchinsky, responsable d’un restaurant, a dû suspendre six employés haïtiens après avoir constaté sur le site officiel que leurs autorisations de travail n’étaient plus valides. Il continue pourtant de consulter la plateforme chaque matin, au cas où l’administration changerait (encore) d’avis. Il galère pour les remplacer.

Le TPS a été supprimé par l’administration Trump dans le cadre de son durcissement anti-immigration. Après un recours, la Cour suprême a autorisé la fin du programme le 25 juin. Depuis, certains permis ont tout de même parfois été prolongés, au dernier moment, pour quelques jours, avant d’être refusés. Les entreprises se plaignent de règles flottantes, non prévisibles et souvent impossibles à suivre, notamment dans les secteurs qui dépendent fortement de cette main-d’œuvre.

Pour les concernés, perdre son emploi signifie ne plus pouvoir payer son loyer, nourrir ses enfants ou envoyer de l’argent à sa famille en Haïti. Un employé de 62 ans affirme envoyer 550 dollars par mois à ses proches, tout en redoutant d’être arrêté puis renvoyé dans un pays ravagé par les gangs, où plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées. Le gouvernement propose 2 600 dollars et un « vol gratuit pour rentrer ». Une solution très généreuse… pour risquer sa vie.

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