Pour la première fois en France, le cancer du sein d’une ancienne hôtesse de l’air d’Air France, Sophie Lainault, a été reconnu comme maladie professionnelle.
Diagnostiquée en 2019, alors qu’elle venait d’être promue cheffe de cabine principale, elle a dû interrompre sa carrière, affronter les traitements, puis renoncer aux vols après le Covid.
Soutenue par la CFDT, des médecins, des scientifiques et d’anciens mineurs, elle a finalement obtenu gain de cause le 3 juillet devant le tribunal judiciaire de Bayonne. Le jugement retient une « polyexposition » : travail de nuit, perturbateurs endocriniens (dans les insecticides), rayonnements cosmiques et tabagisme passif (autorisé dans les avions jusqu’en 2000). Son exposition aux rayons ionisants aurait même été deux fois supérieure à celle de travailleurs du nucléaire.
Cette reconnaissance lui ouvre droit à une rente à vie, au remboursement intégral des soins et à un départ à la retraite anticipé. Elle pourrait aussi servir de précédent à d’autres navigantes, alors que le cancer du sein ne figure toujours pas au tableau officiel des maladies professionnelles.