Voir sans en avoir conscience : une étude explore les images « zappées »  - Conscience Découverte scientifique Neurosciences Recherche scientifique Science Sciences
| 05/11/2026 00:08

Voir sans en avoir conscience : une étude explore les images « zappées »

Image d’illustration © Anna Shvets | Pexels | Pexels

L’activité cérébrale des macaques alterne, environ 15 fois par seconde, entre les images qui accèdent à leur conscience et celles qui lui échappent. Une étude a réussi à reconstituer le processus.

Imaginez une personne regardant dans des jumelles qui affichent une image différente à chaque œil. La science a montré qu’elle ne percevrait qu’une seule image à la fois, en alternance, plutôt qu’un mélange des deux. Ce phénomène, appelé rivalité binoculaire, est important pour l’étude de la conscience, car il permet aux chercheurs d’examiner ce qui se passe dans le cerveau pour qu’une image accède à la conscience, et qu’une autre en soit exclue.

La conscience n’en croit pas ses yeux

Comme le rapportent les chercheurs dans leur article en prépublication ↗ (pas encore passé au crible d’autres scientifiques mais ce sera sans problème), l’équipe a repéré des signes d’une alternance rapide de l’activité cérébrale, environ 15 fois par seconde, entre les deux images : celle qui domine la perception et celle qui reste hors du champ de la conscience, victime d’une sorte de flemme neurologique. Les chercheurs parlent de « périodes conscientes » et de « périodes supprimées ».

Un examen de conscience

Au lieu de mouliner pour combiner les deux visages, les sujets ont vu leur cerveau basculer instantanément vers le second, comme si le premier était déjà acquis et qu’il devenait secondaire, alors même qu’il continuait d’être reçu par les yeux. L’image nouvellement présentée tendait donc à prendre le dessus dans la perception consciente. La surprise de cette étude tient surtout à la fréquence et à la force des signaux mesurés, notamment ceux relatifs à l’image considérée comme « zappée ». En clair : comment se fait-ce qu’un signal aussi fort ne permet pas de grimper dans la conscience ? … On nous cacherait des choses ?

« À chaque instant, seule une partie de l’activité cérébrale accède à la conscience, tandis que le reste est traité sans jamais être vécu consciemment », écrivent les chercheurs. « Nous avons constaté que, face à un stimulus et à une perception constants, le cerveau alterne rapidement, environ 15 fois par seconde, entre les micro-périodes conscientes et supprimées ».

Ces résultats suggèrent que le cortex inférotemporal (reconnaissance des objets et des visages) et le cortex préfrontal (attention et prise de décision) traitent rapidement, à tour de rôle, des informations liées au visage perçu et au visage supprimé. Autrement dit, l’accès à la conscience ne dépendrait pas seulement de l’endroit où une information est traitée dans le cerveau, mais aussi du moment où elle est sélectionnée. Et sûrement de bien d’autres choses encore… comme l’âge du capitaine.

Ces résultats pourraient éclairer, via de nouvelles recherches, la façon dont le cerveau produit l’expérience consciente.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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