Le Royaume-Uni franchit un cap inédit en reconnaissant des droits juridiques à la rivière Wye, de sa source à la mer, sur l’ensemble de son bassin transfrontalier entre Angleterre et Pays de Galles.
Quand le droit de la nature coule de source.
Cette nouvelle charte consacre la rivière comme un « écosystème vivant » doté de droits intrinsèques : couler librement, préserver sa biodiversité, rester non polluée, se régénérer et être représentée dans les décisions publiques.
Une grosse avancée symbolique, soutenue par plusieurs collectivités, alors que la Wye est aujourd’hui en pleine crise écologique. Polluée, régulièrement verte, visqueuse et malodorante, elle est classée « défavorable – en déclin ». Pour incarner ses intérêts, l’écologue Louise Bodnor a été nommée « Voix de la Wye », un titre qui lui permet de s’exprimer et de voter au nom de la rivière lors des réunions officielles.
Dans le monde, plusieurs pays comme l’Équateur ou la Nouvelle-Zélande ont déjà accordé des droits à la nature. Le Royaume-Uni s’engage donc à son tour dans cette réflexion : au Parlement, un débat émerge pour faire évoluer le statut juridique de la nature, encore réduite à une simple ressource. Pour ses défenseurs, la Wye pourrait faire figure de précédent : « Imaginez que cela s’applique à la Severn , puis l’Avon, puis la Tamise. Si on faisait cela pour tous les fleuves, alors le changement constitutionnel visant à prendre en compte les droits de la nature serait certainement au moins envisageable » a déclaré la conseillère Elissa Swinglehurst, qui a signé la charte au nom du Conseil du Herefordshire.
Ne pas confondre Wye et Kwaï.
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