La chaleur nous livre son addition, très salée. Selon une étude de l’assureur Allianz Trade, les canicules pourraient coûter, d’ici à 2030, entre 5% et 7% de PIB pour les pays européens les plus exposés. France en tête.
La France décrocherait la médaille d’or des pertes européennes, avec 209 milliards d’euros envolés, suivie par l’Italie (128 Md€), l’Allemagne (114 Md€) et l’Espagne (104 Md€). À titre de comparaison, les pertes cumulées au Japon pourraient atteindre 308 milliards d’euros. Une broutille…
L’économie prend un coup de chaud
L’économiste en chef de la BCE, Philip R. Lane, a déclaré en mai dernier que le PIB mondial par habitant serait aujourd’hui supérieur de 20% si aucun réchauffement n’avait eu lieu entre 1960 et 2019 (≈ 0,3% par an).
-3% de productivité
Le principe est simple : au-delà de 30°C, la machine humaine s’enraye. Sommeil dégradé, fatigue physique, troubles cognitifs… chaque degré supplémentaire fait chuter la productivité d’environ 3%, tandis que la demande d’électricité grimpe de 1,2%. Résultat : travailleurs épuisés, entreprises sous clim’, coûts en hausse et réseaux énergétiques sous tension. (L’étude travaille sur des moyennes avec/sans clim’)
Routes qui fondent, budgets qui s’évaporent
Les infrastructures plient sous la chaleur : les routes se déforment, les rails se dilatent. Le nucléaire ralentit faute de refroidissement (comme en France en 2019), et les investissements reculent de 8%, hypothéquant la croissance future. Cerise sur le gâteau : une possible « stagflation » mêlant inflation et chômage, qui mettra les banques centrales dans une situation délicate.
Les finances publiques ne sont pas en reste : moins de recettes fiscales, plus de dépenses, et des déficits qui dérapent (jusqu’à 2,2 % du PIB en plus pour la France). Malgré quelques efforts, aucun pays n’est vraiment prêt. L’Europe promet une transition verte, mais sans financement solide, l’adaptation reste souvent une réaction médiatique improvisée dans l’urgence.
Enfin, les ménages sont en première ligne : logements mal isolés, coûts d’adaptation élevés, inégalités accrues. En clair, Allianz Trade estime que les canicules ne sont plus un simple épisode estival, mais qu’elles deviennent un choc économique structurel bien réel.
Et ce n’est pas fini
Ce rapport ne prend en compte que les impacts économiques directs : il faudrait aussi y ajouter les dégâts liés aux catastrophes engendrées par le changement climatique (incendies, sécheresses, inondations…). Quelques chiffres existent, mais pas encore vraiment consolidés.
Sources : allianz.com et euronews.com.
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