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| 07/09/2026

Ig Nobel 2026 : quand la science explore les bisous, les slips et les urinoirs

Image d’illustration © pyssling240 | Unsplash | Unsplash

Attention, roulement de tambour… vous les attendiez, les voici ! Les prix Ig Nobel 2026 ont été décernés ce jeudi 3 septembre. « Les prix Ig Nobel constituent sans doute le temps fort du calendrier scientifique. » – Nature.

« Ig Nobel » : mot-valise formé à partir de Ignoble et de Nobel. Ces prix scientifiques parodiques récompensent des travaux « qui font rire, puis réfléchir ».

C’est la première fois depuis sa création, en 1991, que la cérémonie ne se tient pas aux États-Unis. Marc Abrahams l’avait annoncé début 2026 : « Au cours de l’année écoulée, il est devenu dangereux pour nos invités de se rendre dans ce pays […] Nous ne pouvons, en toute conscience, demander aux nouveaux lauréats ni aux journalistes internationaux qui couvrent l’événement de se rendre aux États-Unis cette année. »

Face à la multiplication des attaques visant les étrangers et les scientifiques, la cérémonie a donc quitté les États-Unis pour s’installer en Suisse, à Zurich. Plus tranquille. Ce changement de décor n’a toutefois rien altéré de l’esprit festif de l’événement : batailles d’avions en papier, chants ansurdes, costumes et plaisanteries ont ponctué la soirée, célébrant l’humour, l’autodérision et la créativité scientifiques.

La fournée 2026 (source improbable.com).

BIOMÉCANIQUE Royaume-Uni, États-Unis

→ Matilda Brindle, Catherine Talbot et Stuart West

Pour avoir proposé une définition plus précise du baiser chez les fourmis, les oiseaux, les ours polaires et les humains : des « interactions non agonistiques impliquant un contact oral-oral dirigé, intraspécifique, accompagnées d’un certain mouvement des lèvres ou des pièces buccales et sans transfert de nourriture ». Sans transfert de nourriture… Argh, c’est donc ça qu’il me manquait !

BIOLOGIE – Brésil

→ João Miguel Alves‑Nunes, Adriano Fellone, Selma Maria Almeida‑Santos, Carlos Roberto de Medeiros, Ivan Sazima et Otavio Augusto Vuolo Marques

Pour avoir marché délicatement sur différentes parties de serpents venimeux – à différentes températures et à différents moments de la journée – afin de déterminer ce qui provoque, ou non, une morsure chez l’être humain. Tout est dans le « délicatement ».

CHIMIE – Inde, France, Japon, États-Unis

→ Sanchari Banerjee, Nathan Coussens, François‑Xavier Gallat, Nitish Sathyanarayanan, Jandhyam Srikanth, Koichiro Yagi, James Gray, Stephen/Steven Tobe, Barbara Stay, Leonard Chavas et Subramanian Ramaswamy

Pour avoir montré que les protéines du « lait » produit par une blatte vivipare (Diploptera punctata) contiennent environ trois fois plus d’énergie que celles du lait de vache. On attend avec impatience la prochaine étude qui nous expliquera comment traire les blattes vivipares.

ÉCONOMIE – États-Unis, Canada, Mexique

→ Paul Piff, Daniel Stancato, Stéphane Côté, Rodolfo Mendoza‑Denton et Dacher Keltner

Pour avoir rassemblé des preuves que les personnes de classe sociale plus élevée sont plus susceptibles de « moins aider » les autres et de se livrer à des comportements non éthiques, notamment prendre des bonbons destinés à des enfants, ignorer le Code de la route ou tricher dans les jeux. Une étude certainement pas financée par le MEDEF.

OLFACTION – Pologne, Allemagne, Suède

→ Ilona Croy, Tomasz Frackowiak, Thomas Hummel et Agnieszka Sorokowska

Pour avoir recueilli des preuves que les bébés sentent merveilleusement bon pour leurs parents, alors que les adolescents ne sentent pas spécialement bon. Les goûts et les odeurs…

SCIENCES PHARMACEUTIQUES – Japon

→ Tokuji Unno et Hiroshi Yajima

Pour leur étude sur la façon de se moucher (une étude de dynamique des gaz sur le mouchage nasal) examinant les effets de différents types de mouchage (une narine, les deux, etc.) sur la dispersion des sécrétions. Le pire, c’est que c’est très sérieux : des centaines de cas de blessures graves ont été recensés après un mouchage mal pratiqué.

SCIENCES DU SOL – Suisse, Pays‑Bas

→ Franz Bender, Marcel van der Heijden, Atlant Bieri et Pia Viviani

Pour avoir enterré 1 000 paires de sous‑vêtements en coton dans plus de 25 pays, puis les avoir déterrées deux mois plus tard afin de mesurer leur décomposition et d’en déduire un indicateur pratique de la qualité des sols. Je ne suis pas sûr de vouloir en savoir plus.

PHYSIQUE – États-Unis, Chine, Canada

→ Randy Hurd, Tad Truscott, Zhao Pan et Kavishan Slaivaja

Pour des tentatives théoriques et expérimentales de concevoir un urinoir sans éclaboussures, minimisant la formation de gouttelettes de projection. Et ça envoie des décharges électriques à ceux qui ne savent pas viser ? Naaan, mais c’est pour un ami.

TECHNOLOGIE – Canada, Chine, États-Unis, autres pays

→ Jianyu Li, Changhong Cao et collègues (Justin Puma, Zhen Yang, Evan Johnston, Zuochen Jiang, Shaoyi Ran, Lindsay Zhang, Hongyu Hou, Zuxin He, Ali Afifi, Meghan Clayton, etc.

Pour avoir réutilisé les proboscis (trompes) de moustiques femelles comme buses de très haute résolution pour l’impression 3D, en s’inspirant de leur architecture pour fabriquer des micro‑embouts d’une grande précision. Et les machines font Bzzzz Bzzzz Bzzzz ?

PAIX – États-Unis

→ Hisashi Murakami, Claudio Feliciani, Yuta Nishiyama et Katsuhiro Nishinari

Pour avoir étudié expérimentalement pourquoi des piétons entrent parfois en collision avec d’autres piétons, en analysant la dynamique des foules et des déplacements individuels. Et voilà un autre des grands mystères de l’univers élucidé, au suivant !

Lire aussi : « La science des études à la con : un domaine de recherche très sérieux ».

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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