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| 24/07/2026

Interdire les réseaux sociaux aux adolescents : l’expérience australienne à l’épreuve du réel

Image d’illustration © introspectivedsgn | Unsplash | Unsplash

L’Australie voulait protéger les adolescents des réseaux sociaux. Six mois plus tard, ils sont toujours nombreux à y accéder, tandis que les plateformes affirment faire de leur mieux (formule généralement utilisée quand personne ne sait exactement quoi faire).

L’Australie a voulu devenir le laboratoire mondial de la protection des adolescents en interdisant, depuis le 10 décembre 2025, aux moins de 16 ans de détenir un compte sur un réseau social.

Le principe est simple : ce sont les plateformes, et non les enfants ou leurs parents, qui risquent des amendes pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars australiens (1 AUD = 0,61 EUR) si elles ne prennent pas de « mesures raisonnables » pour empêcher les comptes de mineurs.

Sur le papier, l’opération est spectaculaire : des millions de comptes ont été supprimés, désactivés ou restreints. Dans la réalité, le bilan est beaucoup moins glorieux. Des études indiquent qu’au moins sept jeunes concernés sur dix continuent d’accéder aux réseaux sociaux, grâce aux comptes d’adultes, aux fausses informations d’âge, aux nouveaux comptes ou à des solutions de contournement (la photo du voisin ou de monsieur Patate, des fois, c’est la même). Les ados ont plus d’un compte dans leur sac.

La technologie chargée de vérifier l’âge a tout du videur de boîte de nuit qui demanderait les papiers à la porte principale, mais laisserait entrer tout le monde par la porte de service.

Le dispositif soulève aussi des problèmes de confidentialité : pour prouver son âge, l’utilisateur peut devoir fournir des données personnelles, une pièce d’identité ou des informations biométriques. Les opposants redoutent également l’isolement de certains adolescents, notamment les jeunes LGBT+, migrants ou vivant loin des grands centres urbains, pour qui les réseaux servent parfois de soutien social et psychologique.

Malgré ces résultats mitigés, l’expérience australienne inspire déjà d’autres gouvernements, dont la France 🐓 et le Royaume-Uni 🍺. Canberra prépare même un renforcement du dispositif, avec davantage de pouvoirs pour le régulateur et des sanctions pouvant grimper jusqu’à 99 millions de dollars australiens.

L’Australie offre ainsi au monde une première leçon : interdire l’accès est facile à voter, beaucoup moins facile à faire respecter. En attendant, on surveille et on fiche… 👀

Sources : nytimes.com (rapporté par un généreux lecteur abonné), vu.nl, esafety.gov.au, lens.monash.edu.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
Exemple de crédit à insérer sous la republication (prêt à copier/coller) :
Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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