La prison est un monde d’hommes… porté à bout de bras par des femmes.
En France, plus de 95% des détenus sont masculins, mais dans les parloirs, plus de 60% des visiteurs sont des femmes, surtout des mères.
L’histoire de Sophie l’illustre : en trois jours, elle devient « mère de détenu », plongée dans « un mauvais film ». Commence alors une double peine : démarches kafkaïennes, appels sans réponse, trajets de 150 km pour 45 minutes, fouilles humiliantes, angoisse permanente. Elle paie, organise, soutient, anticipe la réinsertion…
La « prison élargie » déborde sur la vie des proches, sans aide ni reconnaissance. « Quand tout le monde tourne le dos, ce sont les mères qui restent ». Fatigue, isolement, et parfois effondrement s’ensuivent. Étienne sortira après 207 jours. Sophie aussi, en quelque sorte. Mais toutes n’ont pas cette chance.