À 85 ans, Nino-Anne Dupieux, ancienne élue municipale d’Orléans et patiente dialysée, raconte un passage éprouvant aux urgences du CHU, le 18 juillet, après une hémorragie violente.
Elle y reste six jours et cinq nuits, installée d’abord dans un couloir, puis dans une salle d’examen transformée en dortoir médical. « Le brancard était un privilège » : certains patients attendent même sur des fauteuils en fer. Toujours en train de perdre du sang, elle finit par rentrer chez elle contre avis médical, après avoir signé une décharge.
Deux semaines plus tard, elle dénonce un « scandale absolu » et refuse de se résigner à ce qu’elle juge devenu normal. Son témoignage ne vise pas les soignants, qu’elle remercie chaleureusement (infirmières, médecins, internes, brancardiers) pour leur patience et leur humanité.
Elle alerte au contraire sur un système à bout de souffle, où le personnel tente de maintenir la dignité des patients avec des moyens qui semblent avoir pris la fuite. Le CHU reçoit 150 à 160 adultes par jour aux urgences. Et le nombre de lits ne cesse de baisser.