Une note de 12 pages adressée le 29 juillet par Gérald Darmanin à Laurent Nuñez révèle l’ampleur des défaillances dans le traitement des violences sexuelles commises sur des mineurs.
Les parquets généraux décrivent un système grippé par des problèmes « d’ordre structurel » : manque d’effectifs, formation insuffisante, outils inadaptés et pilotage défaillant.
Des dossiers en cavale.
Le plus sidérant concerne les « stocks fantômes » : des procédures jamais transmises aux parquets, parfois perdues ou laissées en vrac pendant des mois, voire des années. À Nîmes, 1 275 dossiers n’étaient pas répertoriés par la justice ; 905 à Caen. À Bourges, quinze procédures ont disparu, dix-sept à Angers et vingt-trois à Paris.
Le manque de moyens atteint parfois l’absurde.
Au Mans, cinq officiers et un agent de police doivent gérer plus de 4 000 procédures. Des auditions d’enfants ont aussi été menées par téléphone ou avec des méthodes inadaptées. Les syndicats dénoncent un système saturé et des agents épuisés..