Près de 8 milliards d’euros de dépense en 2023 : le crédit d’impôt recherche pèse lourd dans les finances publiques. Mais les PME n’en touchent qu’environ un tiers, le reste étant capté par les grands groupes. Pour une faible efficacité.
Avec 7,85 milliards d’euros de dépense en 2023, le crédit d’impôt recherche (CIR) est l’un des principaux soutiens publics à la R&D privée en France. Depuis la réforme de 2008, il rembourse une part des dépenses sans plafond : une formule qui profite surtout aux entreprises qui dépensent le plus.
Les PME représentent 81% des bénéficiaires, mais ne touchent qu’environ un tiers de la créance. Les grandes entreprises, 4% des bénéficiaires, en captent plus de 40%.
Pour quelle efficacité ? Les évaluations constatent des effets contrastés : peu d’impact significatif sur les brevets, et une forte incertitude sur les retombées économiques. Autre limite : financer la recherche en France ne garantit ni que la production, les profits ou la propriété intellectuelle y resteront, ni que les projets répondront aux priorités écologiques.
L’Allemagne, dont le crédit d’impôt est plafonné et complété par des aides ciblées, dépense beaucoup moins et dépose davantage de brevets. Chiffres et graphiques dans l’article.