À La Calera, près de Bogotá, une sécheresse extrême entre avril 2024 et avril 2025 a privé les habitants d’eau jusqu’à 15 jours par mois, malgré la proximité du réservoir de Chingaza, qui alimente 70% de la capitale.
Le problème venait de l’activité d’Indega, filiale de Coca-Cola Femsa, accusée de pomper massivement l’eau pour ses bouteilles « Agua Manantial ». Tandis que les habitants rationnaient, l’entreprise continuait de remplir ses cuves à bas coût : 120 pesos/m³ contre 700 à 3700 pour les ménages.
L’indignation a déclenché une mobilisation citoyenne menée par Javier Cifuentes et Herminia Cristancho. Malgré des intimidations et des menaces de mort, les activistes ont utilisé le droit d’accès à l’information pour contester la concession.
Leur combat a abouti en avril 2026 à une décision historique : réduction du pompage (de 3,23 à 1,9 litre par seconde), limitation des sources exploitées (de 7 à 4) et concession raccourcie (de 10 à 5 ans).
Cette décision a marqué un tournant pour la Colombie, où les victoires des défenseurs des droits sont rares. « Pour la première fois, nous avons réussi à amener le pays à ouvrir un débat sur l’utilisation de l’eau », déclare Cristancho, saluant la large couverture médiatique dont a bénéficié la question et la participation sans précédent de la population.
« Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce qu’aucun millilitre d’eau du Chingaza ne soit exploité par une multinationale », déclare Cifuentes. « C’est pour cela que je suis né. »