La BD « La Bataille du glyphosate », de la journaliste Aurore Gorius (texte) et David Lopez (illustration), raconte comment Monsanto a organisé la « fabrique du doute » pour préserver ses ventes de Roundup.
Qui sème le doute récolte les bénèfs
Dès le début des années 1980, une étude US révèle la dangerosité du glyphosate. Mais elle a été étouffée. Les « Monsanto Papers » ont ensuite révélé des pratiques de ghostwriting : des chercheurs rémunérés valider des études réalisées par l’entreprise.
Après le classement du glyphosate comme « cancérogène probable » par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) en 2015, des scientifiques et des experts ont subi des pressions, des menaces et des campagnes de discrédit. Monsanto a aussi financé des opérations d’influence, notamment en Europe, en faisant passer des mobilisations organisées pour des initiatives agricoles spontanées.
Malgré les alertes, le pesticide a été réautorisé en 2017 puis en 2023. Les victimes, comme le viticulteur Jean-Claude Terlet, affrontent des procédures interminables.