Le gouvernement veut réduire fortement le nombre de captages d’eau considérés comme prioritaires face aux pesticides : de 6 000 à 7 000, ils passeront à 2 000.
Auparavant, lorsqu’un captage dépassait 80% des seuils autorisés, il était considéré comme « sensible » et faisait l’objet de mesures de prévention. Il faudra désormais attendre que la pollution dépasse totalement les limites autorisées pour que l’État daigne intervenir. Et les pesticides interdits ne seront plus comptabilisés, dans certains cas.
Cette décision répond aux demandes de la FNSEA et de la Coordination rurale, opposées à des mesures limitant certaines pratiques agricoles. Les collectivités et les associations écologistes dénoncent cet abandon de la prévention. Selon elles, attendre que l’eau soit très polluée obligera à utiliser des traitements plus coûteux. Rappel : « le coût global du curatif est en moyenne trois fois plus élevé que le préventif ».
En 2024, 19,2 millions de personnes ont reçu une eau dépassant les normes pesticides, au moins ponctuellement. Dans l’Aisne, un herbicide interdit a même atteint un niveau plus de 200 fois supérieur à la limite autorisée. Malgré ces alertes, le gouvernement se couche. Et tant pis pour les populations.