En forêt, le bois mort n’est pas un déchet, mais l’un des principaux piliers de la santé forestière.
Article de Damien Marage : géographe et écologue, professeur des Universités.
En vingt ans, le volume moyen de bois mort a été multiplié par cinq dans les forêts françaises : de 5 à 25 m³ par hectare. Loin d’une prétendue « mauvaise gestion » des massifs, cette hausse traduit les effets du changement climatique : sécheresses, canicules, tempêtes et parasites.
Accusé de provoquer les incendies et de favoriser les épidémies, le bois mort sert pourtant de nourriture de base et de refuge à une multitude d’espèces : champignons, insectes, bactéries, pics, chauves-souris et organismes du sol. Sa lente décomposition enrichit l’humus, restitue les minéraux et stocke du carbone. Les vrais incendiaires sont surtout les activités humaines, l’étalement urbain, l’abandon des territoires ruraux et des forêts fragilisées par les monocultures.
Couper et/ou enlever systématiquement les arbres morts, c’est donc appauvrir les sols et la biodiversité au nom d’une vision aseptisée de la nature. Et donc : déstabiliser et fragiliser les forêts.
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